J’essaye de dissiper les nuages de la mauvaise humeur qui plane sur ma tête, qui embrouille mes idées, qui obscure le soleil s’annonçant en toute sa splendeur, déjà étincelant et qui continue de briller en ce début d’automne.
Traversant le pont d’Austerlitz je fais mes adieux à la Seine enrobée d’une lumière ouateuse tandis que je cherche des yeux plus loin le clocher de Notre Dame entouré de l’air cotonneux du petit matin.
D’un petit geste de la main je salue l’église et Quasimodo, caché entre les cloches, les voiles de sa bienaimée et les méandres de mon imagination.
Je déteste les départs, les séparations, les retours bien que l’idée de renter chez moi soit fort agréable et qu’elle ne me déplaise pas du tout.
Mais l’idée de fond est un concept de fin, et je n’aime pas les fins car un air de mélancolie est véhiculé avec.
Le sujet se prête à beaucoup de réflexions dont je préfère prendre des distances pour ne pas me déprimer davantage et outre mesure.
J’essaye donc de me concentrer sur les côtés positifs de ce voyage, sur toutes les gouttes qui ont rendu la bouteille à moitié pleine.
Un temps merveilleux, une chaleur inconnue à ce moment de l’année, une douceur des nuits, difficile à atteindre, même en été, un air léger, suave, tous des détails qui teintent l’arrière plan de la bonne tonalité.
Du temps pour se balader, la possibilité de profiter de quelques expos et manifestations ainsi que de moments privilégiés.
Jacquemart André, musée qui vaut toujours le voyage, ouvrant ses portes en ce début d’automne à Fra Angelico et aux peintres de la lumière où je pouvais bien supposer ce que allais trouver et « Des jouets et des hommes » au Grand Palais ou’ je ne savais pas à quoi je pouvais m’attendre.
Que de magnifiques surprises, dont je parlerai avec beaucoup de détails dans d’autres textes, déjà virtuellement composés, mais qui risquent, faute de paresse, de jamais voir la lumière, tant j’en ai été éblouie !
Un magnifique dimanche à Longchamp, couronnée d’une tente, aspergée de champagne, assise à des places presque royales, escortée comme une R…reine. Je croyais avoir gagné lors de la quatrième course, avec un cheval «bidon » placé, mais, hélas, après de longues illusions j’ai fini pour découvrir qu’il était placé..à côté
Assez dégoutée, bien que cela ne m’ait pas empêché de lever ma flûte et siroter de petites bulles qui ont rendu encore plus pétillant le contenu de ma bouteille, j’ai continué de «dilapider une fortune» de tirelire de petit enfant et de persévérer, diaboliquement, à perdre.
Ce week end très allongé m’a fait bénéficier de rencontre en librairie aussi, de conférences et de retrouvailles en famille.
Samedi a été une journée splendide passée en compagnie de mes deux ex enfants ainés.
J’ai retrouvé en toute leur splendeur Tourista-fai da te, dans sa version française de Tartare et ma Cyclone. Heureux de se retrouver, tels qu’ils sont et tels qu’ils se connaissent…et comme je les connais moi aussi.
Un déjeuneur, non pas sur l’herbe mais dans un bistrot super sympa du neuvième, assis tous les quatre avec CV aussi.
De bons souvenirs qui m’accompagnent jusqu’en gare de Lyon.
Ici la confusion règne grandiosement, un monde fou qui attend son train ou, du moins, qu’il soit affiché et des travaux, des travaux un peu partout.
Je marche vers le fond de la gare, là où une lumière enveloppante pénètre par la structure en métal et en verre.
Sensation de déjà vu !
C’est un tableau qui fait surface dans ma mémoire.
Une de représentations de la Gare de Saint Lazare peint par Monet que j’ai admiré il y a quelques mois à l’Hôtel de Ville. Il faisait partie de l’expo Paris au temps des impressionnistes.
Je me souviens de cette halte devant ce tableau qui m’avait capturé.
La vision onirique du train et du voyage m’avait intrigué….
Le train est affiché à la voie dix-sept….
Je m’apprête à partir quittant la ville lumière, les yeux pleins de mes souvenirs lumineux.
Ce n'est pas un adieu, au revoir Paris...à plus
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