perché...

... racconto spinta da una brezza leggera

... spiffero in tutto le accezioni del termine

... un castello d'idee e di pensieri che prendono aria, che gonfiano le vele del vascello fantasma in questo Mare Nostrum

... Per riannodare la matassa srotolata, arruffata, ingarbugliata dei miei ricordi

... Per seguire questo filo di Arianna che mi fa fuoriuscire dal labirinto, illumina la mia mente

e... soprattutto per ridere del mondo del mio microcosmo di me

... perché il riso è terapeutico, fa bene alle coronarie e alle viscere e dev'essere rivalutato anche se nonostante tutto preferisco la pasta!

... "if" Kipling

... "if" allora "dubito ergo sum"


mercredi 27 décembre 2017

Cadence



Je rentre d’un « séjour linguistique » au Canada.
Je pensais être juste un peu rouillée avec mon anglais, après ces derniers vingt-six ans passés dans l’hexagone. À ma grande surprise j’ai découvert qu’on me comprenait encore.
Alléluia.
Toronto comprenait mes besoins, mes questions et moi je comprenais (plus au moins) les réponses qui m’étaient adressées.
Trop fière de constater que, comme j’aime répéter à mes étudiants découragés «  les langues ne se perdent jamais ».
Leur connaissance reste ensevelie sous les méninges et elle refait surface avec des intérêts aussi.
En effet j’ai eu l’impression de comprendre et me débrouiller bien mieux qu’avant.
J’avais eu cette même sensation il y a un an, lorsqu’au fin fond de l'Argentine, en Patagonie, j’essayais de communiquer en espagnol, langue que je n’ai étudiée que pendant un semestre à la fac.
Mon espagnol était et il est véritablement basique.
J’avais assez de mal à formuler une phrase qui tienne la route sans trop m’appuyer sur le langage gestuel : les mains étant mon deuxième dictionnaire.
J’arrivais donc plus ou moins à exprimer mes nécessités mais à ma grandissime surprise je m’étais rendu compte que je comprenais bien davantage.
Je comprenais encore plus que l’année précédente à l’occasion de mon voyage en Colombie.
Je comprenais presque tout.
Génial. Ma théorie était donc vraie.
Les langues mijotent sous le cortex.
Juste bizarre que l’amélioration soit uniquement au niveau de la compréhension et non pas de l’expression.
Mais bon, il faut bien de l’exercice.
Je relatais mes exploits à mes filles qui m’ont aussitôt fait retomber sur terre.



« Bien sûr que tu comprends: l’espagnol de l'Argentine ressemble à l’italien (ma langue maternelle, Ndr ) ou du moins il en a la même cadence ».
Pour l’anglais de l’Ontario, en revanche, pas de cadence italienne.
Je comprenais tout court.
Le Canada m’appartenait.
Je pouvais voyager partout sans problèmes.
Me voilà enfin au Québec .....
Ici la cadence était en revanche bien autre chose.
Mon oreille a eu beaucoup de mal à s’y adapter.
Incroyable comme je me suis sentie démunie.
Tout à coup le français, ma deuxième langue, est devenue à mes yeux ( et mes oreilles) une langue étrangère.
J’étais prête à ne plus m’exprimer qu’en anglais, mais la peur de vexer les québécois, des gens très gentils m’a poussé à faire des efforts.
Mais comment leur expliquer que je ne voyais pas la lumière pour tourner.
« Tout droit, puis à la deuxième lumière tournez à droite »
Les feux rouges perdent de la couleur au delà de l'Atlantique.
Le pire a été un matin au petit déj lorsque la serveuse nous a regardés d’un air désemparé
Nous avions demandé des couverts et elle ne savait pas quoi faire.
Notre question l’avait troublée.
Mais avant de réaliser  que le problème demeurait dans la compréhension du mot « couvert »nous avons tous essayé  de comprendre ce que  nous avions pu dire d’erroné.
Fourchette, couteau, cuillère......
Et la lumière fut...il fallait juste demander des ustensiles, parbleu!









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