« La
mafia tue seulement en été » débarque à Marseille en toute sécurité
pendant l’hiver.
Grâce
au festival « indignation(s) à l’italienne » organisé par
l’association Cinepage et dans le cadre des 7es rencontres du Cinéma Européen
j’ai eu la chance de découvrir ce petit bijou du cinéma italien contemporain.
Chance,
car ce film n’est pas arrivé à la grande distribution en France, malgré le
grand prix fiction au festival du film
italien d’Annecy en 2014.
Le
festival du cinéma européen a ouvert ses portes à l’Alcazar, le vendredi 22
après-midi avec Main basse sur la ville (en hommage à Francesco Rosi ), premier
film de dénonciation du « mal costume », des collusions du système
politique avec le système mafieux, de la prévarication de l’intérêt privé sur
l’intérêt public et avec bénédiction du pouvoir.
Samedi
journée consacré à la Mafia : deux films en salle et le journaliste
italien Alberto Toscano, présent aux deux représentations pour parler « mafia »
et débattre avec les spectateurs très attentifs et intéressés qui ont posé des
questions et aussi porté leur témoignage.
D’abord
à l’Alcazar, dans une salle pleine, Il Mafioso, film de 1962 du metteur en scène
Lattuada avec Alberto Sordi dans le rôle du protagoniste.
Un plongeon dans la
mère méditerranéenne pour rejoindre la Sicile avec toute sa lumière et ses
ombres.
Un
film quinquagénaire, qui malgré son âge a été capable de garder intacte sa
fraicheur. Un grand Alberto Sordi qui nous frappe et nous touche avec son comique
qui laisse un fort gout amer en bouche.
On
change de salle et de l’Alcazar on passe à quelques dizaines de mètres plus
loin au Variétés.
On
quitte Alcamo pour Palerme avec un bond dans le temps et depuis l’époque du
boom économique on atterrit à nos jours.
“La
Mafia uccide solo d’estate”(La mafia tue seulement en été » reparcourt à
rebours les années ensanglantées de Palerme, qui de la tuerie de rue lazio (la strage
di viale lazio) amènent au meurtre du général Dalla Chiesa et de sa jeune
épouse jusqu’à celui du juge Falcone et du juge Borsellino, tout en passant par
d’autres assassinats.
La
particularité de ce film demeure dans la façon toute singulière de relater ces
faits par les yeux et le récit d’Arturo, depuis sa naissance jusqu’à l’âge
adulte.
Beaucoup
d’ingénuité, de fraicheur, de délicatesse et d’humour pour nous faire partager
ses souvenirs, nous faire vivre son histoire d’amour pour une copine de l’école
primaire et reconstruire en même temps une partie d’Histoire d’Italie de 1970
jusqu’à 1992.
Un
film de grave dénonciation contre la Mafia et ses longs bras. Un film qui émut,
qui attendrit le spectateur captivé par l’histoire amoureuse d’ Arturo et ses mésaventures
et abasourdi par la cruauté des événements Historiques.
Un
final d’espoir dans une Palerme qui s’est réveillée et a retrouvé la parole, comme
Arturo, mari et père heureux qui a
appris que la mafia tue en été, en hiver et n’a pas peur de prononcer ce nom
tabou, le premier mot que tout petit il avait sifflé….MAFIA !