Heureusement qu’il y a Amaryllis qui me fait compagnie pendant que je savoure mon petit déjeuner à base de cappuccino et tartines à la confiture d’oranges amères, savamment accommodée par CV (la confiture, non pas le petit déjeuner, comme bien évidence l’accord au féminin…mais mon cerveau, qui a recommencé à marcher au drapeau blanc-rouge vert, ressent le besoin de le préciser, car en italien colazione et marmellata sont tous les deux de noms féminins….Force de l’habitude ! de vieilles habitudes !)
Depuis longtemps Fidèle a abandonné son poste de sept heures, trop prise et occupé par son travail et aussi par les changements de sa vie privée.
Elle me manque.
Et il me manque aussi de ne plus voir apparaitre la toute petite tache qui correspond au pays où elle vit.
Gourmande aussi a disparu. Je ne sais plus rien d’elle.
Au Brésil à l’ombre d’ un cocotier ? Au carnaval en train de danser la samba ?
À Rome dans l’ombre de Saint-Pierre ? Avant que le carême commence en train de préparer sa confession pénitentielle ?
Par contre, il n’y a pas l’ombre d’un doute qu’elle a quitte Rue d’Écosse !
Et avec son déménagement, un autre petit pays a disparu de mes statistiques….
Mon petit-déj’,malgré ces absences, continue.
Mon oreille caressée comme d’hab par la voix de la radio sursaute en reconnaissant la voix du Cavalière s’exprimant en français.
OUI c’est bien lui, bien que j’aie capté un certain vieillissement dans son timbre.
Ai-je encore raté un épisode de la vie de mon pays d’origine ?
Est-il revenu ?
Va-t-il faire une annonce « présidentielle » ?
OUI ! mais juste concernant le Milan AC , il veut en « redevenir président »!
OUF !
J’ai soudainement un besoin de distraction de beauté, de raffiné.
Mon œil errant à la recherche du beau se tourne vers la table des pots de fleurs.
Il survole les plantes grasses pour se poser sur l’ Amaryllis.
Il survole les plantes grasses pour se poser sur l’ Amaryllis.
Sollicité par sa grâce, sa délicatesse, son élégance, mon regard demeure médusé.
Captivée, comme un insecte dans la toile de l’araignée, ma vue plonge et se noie dans le rouge palpitant de ses quatre bourgeons.
Qu’elle est belle mon Amaryllis !
Elle me regarde pleine de tendresse et d’affection.
Le soleil fait grand apparition commençant à chauffer la vitre de la véranda, tandis que Amaryllis réchauffe mon cœur avec sa vivacité, sa gaieté, sa vitalité, son allégresse.
J’allume mon ordi à la recherche de passages sur mon blog.
La page des statistiques affiche à nouveau d’énormes zones d’ombres, de taches foncées de pays visiteurs…de grands pays surplombant mon petit blog.
Quelle frayeur !
Le KGB est donc de retour ?
Ah mes petits, petits pays disparus à jamais !
Gourmande, Fidèle, revenez me protéger et faire compagnie !
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