J’adors les anniversaires de mes amis.
Tracée à la
craie sur le parvis, cette petite phrase a détourné mon attention. Elle s’est
gravée dans mon esprit où elle mijote depuis plusieurs jours.
Je m’étais aussitôt
promis de la transmettre à mon tour, pour des raisons que je soupçonne, quand
même, différentes de celles qui ont dû inspirer le petit tagueur.
J’ai
attendu, j’ai trainé, j’ai repoussé, privilégiant d’abord d’autres petits faits
à relater, puis je me suis enfin décidée avant que toute idée murie en moi pourrisse
ou finisse pour tomber dans le néant flottant de l’oubli.
Drôles de
considérations que la phrase a suscitées!
Elle m’a
fait d’abord sursauter, sourire et puis elle a laissé place a mes réflexions!
Qui a bien pu
en être l’auteur ?
Un jeune
garçon sans doute!
Jeune, car
l’écriture était assez infantile et l’idée exprimée allait de même.
Un garçon,
car une fille aurait écrit de mes amies. Les jeunes filles, en générale,
aiment être entre elles et ce n’est qu’un peu plus tard qu’elles deviennent
plus sociables avec les garçons en appréciant la présence.
Bon peut-être il aurait pu s'agir aussi d' une jeune fille...
Une jeune fille qui aimait aussi bien filles que garçons et qui utilisant correctement la grammaire avait choisi la forme masculine, plurielle.....
Fidèle au "Dubito ergo sum" je me suis posé à nouveau la question, et j'en ai conclus que non, il s'agissait bel et bien d'un garçon.
Bon peut-être il aurait pu s'agir aussi d' une jeune fille...
Une jeune fille qui aimait aussi bien filles que garçons et qui utilisant correctement la grammaire avait choisi la forme masculine, plurielle.....
Fidèle au "Dubito ergo sum" je me suis posé à nouveau la question, et j'en ai conclus que non, il s'agissait bel et bien d'un garçon.
Un garçon,
car une fille n’aurait jamais écrit j’adors .
Une fille
sait faire la différence entre j’adore et je dors.
Entre j’adore et je dors, pas de doute pour le garçon.
Lui n’en reconnait qu’un seul: pas sure qu’il
existe un cas d’homophonie et pas la peine non plus de se poser la question de
l’homographie.
Le garçon
dans son univers n’a de la place que pour le graphisme correspondant au
ronflement, au « dolce farniente », mollement allongé dans un hamac.
Il crée donc
ce mélange digne de la plus pure contamination lexicale.
Une fille
sait bien l’écrire car, elle sait lire.
… et elle connait
très bien la pub « Dior j’adore »;
le garçon juste obnubilé par Charlize et son décolleté ni lit, et ne voit
rien d’autre !
Je voudrais
ajouter aussi que ledit garçon ne doit être très chrétien ou en tout cas s’il
l’est, il n’a pas suivi avec trop d’attention et d’assiduité le catéchisme (le bon
vieux caté d’antan, bien sûr) là où on te martelait « on n’adore que
Dieu !» et il a donc perdu toute chance d’apprendre ce mot.
Mais de quel
droit puis-je me moquer des fautes d’orthographe d’autrui?
Souvenirs
d’antan resurgissent en moi et me rappellent à l’ordre :
« que celui qui n’a jamais commis de fautes
jette sur elle la première pierre »
Je dépose
aussitôt mes pierres, mes galets, mes cailloux, mes billes même le tout petit
fragment en papier mâché que j’avais caché dans la poche…
Je ne me réfère
pas à mes cours de caté. A l’époque de ces souvenirs, j’avais déjà terminé ce
type d’apprentissage, mais des choses à apprendre j’en avais encore des tonnes.
Ces temps là
je poursuivais farouchement la politique visant à limiter tout effort visuel au
profit de celui auditif. Bref je ne lisais pas beaucoup et j’écoutais la radio
à mes casser les oreilles.
Le résultat
ne se fit pas trop attendre !
Mon petit
univers lexical prônait un’ espèce de politique protectionniste consistant à ne
pas élargir mon horizon et à tout ramener à mon petit microcosme perso. (je n’ai guère perdu cette attitude !)
Les mots de
mon vocabulaire étaient, de sorte, assez limités et je les écrivais comme je
les entendais, comme je croyais les entendre ou en tout cas comme je pensais les
reconnaitre.
Le « magnat
du pétrole » enrichit mon répertoire et me perdit à jamais.
Les années
soixante, le boom de l’or noir et les richissimes qui allaient avec, planèrent
dans mon quotidien. Le mot qui désignait ces gens fortunés :
« magnat » percuta mes oreilles. Un vocable nouveau qui ne me parlait
pas trop, qui me semblait bizarre et que je me devais de remettre à sa place.
« Magnate » cela était en effet le
nom que j’avais entendu dans sa version italienne, langue que je fréquentais constamment
à l’époque.
« Magnate » ?
Je devais avoir mal entendu.
A la recherche parmi des sons similaires, qui
pussent avoir du sens et tenir la route je ne sus trouver que « magnante », (le participe présent
du verbe « manger ») beaucoup plus parlant à mes oreilles.
Voilà
j’avais dû rater le « n », l’ égarer dans ma trompette d’Eustache.
Oui « magnante » c'est-à-dire « qui
mange » allait bien. Cela avait du sens.
Le « magnante del petrolio » avait,
dans mon raisonnement, sa logique, car un richissime du pétrole devait manger
très bien !
Ce fut ma
copine, m’entendant proférer le mot incriminé
qui se mit à rire à plus s’en tenir le ventre et, honte de la honte, grava à
jamais mon ignominie, fruit de mon ignorance et de ma paresse sur ma photo de
classe avec une dédicace gentiment moqueuse, suivie de sa signature.
J’ai encore
la photo et la dédicace dans un vieil album, en guise, on pourrait dire, de « Memento
mori », et de « Mémento audere semper ».
Il ne s’agit
pas de se souvenir (tout court ) que
l’on va mourir ou de toujours oser, mais de se souvenir que l’on doit faire mourir l’ignorance et de toujours oser dans la connaissance.
Depuis je ne
quitte plus mon dictionnaire.
J’adors mon
dico ! Il dort à mon chevet !
"andamo a magna' o andamo a dormi'?" ecco quello che sentii anni orsono, quando, da brava francesina, caddi in una famiglia badenga in cui non c'era nessun magnate dell'oro!! Rebba, Rebba ti ADORO per la tua prosa d'ORO che fa andar via il SONNO!!!!
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