Je quitte le sentier, je franchis le portail et j’entre dans ce havre de paix, ce domaine hors du temps et du monde, me dirigeant vers la porte de la petite église du monastère.
Un grand seau noir abandonné au milieu du terrain, des outils de jardin posés en désordre à même le sol à côté de plantations inachevées, signe manifeste d’un travail interrompu, ont le pouvoir de me hâter.
C’est l’heure ! la cérémonie va commencer.
Troisième dimanche de Carême.
Période de pénitence, aux couleurs grises, période qui se voudrait austère, en attendant la lumière et l’éblouissement de la Pâque de résurrection
Mais ce dimanche au contraire a un avant-gout de Pâques ou bien du dimanche des Rameaux. Il est plongé dans le bleu resplendissant du ciel qui couvre et berce ma colline en Provence.
Le Christ chasse les marchands du Temple, il est prêt à le détruire et à l’édifier à nouveau en trois jours et mon esprit commence à voltiger, papillonner sur les fleurs polychromes de ma pensée.
Ce monastère a le pouvoir de m’encourager dans mes rêveries.
J’essaye de me concentrer sur les mots, les lettres… P comme « Parole », Paix, Q comme Quaresima (le carême dans ma langue) Quête, R comme Religion, Respect S comme Silence … comme siège, celui à côté de moi, où mon regard se pose.
Un banc où sont agencées de petites cartes de l’Abbaye, sorte de cartes de visite, de minibrochures du monastère bénédictin.
Monastère bénédictin, Saint-Benoît, un prénom que nous aimons bien, un nom prédestiné, voisin de maison et futur
beau gendre.
Lui et mon ainée se sont rencontrés par hasard au mariage d’une amie commune.
Benoît qu’il soit béni ! Ben venu chez nous.
Je sais! je pourrai m’en passer de ces petits jeux de mots, ridicules, les Benoît, vivants, saint, du monastère et ma fille aussi méritent mieux que cela !
Je prends une petite carte et je la pose aussitôt.
J’en ai encore à la maison et j’en avais une dans mon sac, mais je l’ai donnée à une maman avec laquelle j’ai partagé un tout petit bout de chemin.
J’en ai encore à la maison et j’en avais une dans mon sac, mais je l’ai donnée à une maman avec laquelle j’ai partagé un tout petit bout de chemin.
En queue au guichet de la gare, en attente sur le même quai, assises dans le même compartiment avec ses deux petites filles qui dessinaient, nous avons couvert le vingt-cinq minutes qui nous séparaient de Marseille, en parlant, bavardant, papotant, partageant…
C’est drôle le hasard !
« Le hasard n’existe pas » m’a aussitôt répondu-t-elle.
« Le hasard c’est nous… » qui le créons avec notre attitude, notre ouverture, notre refus….pensais-je, ne me retenant pas de le dire aussi.
Une musique presque céleste me ramène sur terre et me fait descendre du train magique qui véhicule mes tonnes d’idées.
La bénédiction finale m’envoie dans le monde, mais pour quelques minutes encore je serai dans cet univers magique, hors du monde qui m’attend au-delà du portail, sur le sentier en terre battue et puis sur la route goudronnée.
Mon regard se pose à nouveau sur le seau, les outils de jardin laissés… -Au hasard- je ne peux pas m’empêcher de penser, et je pense à la maman qui avant de quitter le train m’a laissé son numéro de téléphone… « à tout hasard ».
Le hasard fait bien les choses
Le hasard ou la main de Dieu (Dieu ne joue pas avec les dés, parole de relativiste!!)nous a fait nous rencontrer un jour d'octobre 2001 et ce jour-là, même si je parlais d'un chevalier inexistant, nos existences se sont croisées et plus jamais démêlées même si le temps est assassin et parfois nous éloigne. Pâques approche, le Passage va se faire et ce don total prendra encore tout son sens. Une petite abbaye, un temple, une église, une pièce d'où on ne peut se déplacer parce que cloué sur un fauteuil, une prison, une forêt et n'importe où, Il est là, avec nous. Qu'il soit là pour ces familles qui viennent de connaître l'indicible, l'abject et pour tous ceux qui vivent, dans leur chair, dans leur esprit, l'horreur, qu'ils soient ici ou ailleurs.
RépondreSupprimerLe hasard fait bien les choses car il m'a permis de trouver le chemin des commentaires....
RépondreSupprimerH comme Hasard
RépondreSupprimerH as Hope (que qq me lise)
H de Hollande
PURA CONTAMINATIO...très dur à avaler pour le français...j'ai même lu sur un T-shirt
Hollande...H de Hope!!!
Tout le monde donc peut bien avoir de l'espoir...je ne suis pas si décalé que cela!